Archive for octobre, 2008

Idiote

Comme tous les matins après avoir péniblement fermé l’alarme de mon cadran, je me lève dans le froid de mon appartement et je me dirige d’un pas étourdi vers le salon. Sans mes lunettes, une fois arrivée à destination, je me colle le nez contre le thermomètre afin de voir la température qu’il fait dehors.

Je penche la tête à droite, je penche la tête à gauche, je me frotte les yeux, rien n’y fait, le thermomètre affiche “Lo °C”. Je sais bien qu’il fait froid, je gèle mais “Lo” ça veut dire quelle température ça? Et tout d’un coup le flash back se tortille dans ma tête endormie.

Hier, le vent glacial sifflait par cette fenêtre et j’ai glissé la fenêtre d’un coup sec pour la fermer par dessus le fil du thermomètre. Ouais, par dessus le fil du thermomètre qui indique la température extérieure et… qui était probablement gelé. Vraiment intelligente!

Maintenant, je ne sais pas la température qu’il fait dehors. Comment je vais faire pour savoir comment chaud m’habiller ?

La colère du “dieu”

Ce matin, alors que je me gelais les fesses dos au vent à attendre l’autobus, je me suis mise à réfléchir. Le vent m’arrivant dans le dos et le soleil se levant normalement dans ma face, je déduis tout-à-fait scientifiquement que le vent venait de l’ouest. Sachant que normalement, les nombreuses tempêtes m’arrivaient toujours dans la face quand j’attendais l’autobus l’hiver passé, je résous que quand le vent d’ouest n’est pas supposé apporter la tempête et le froid.

 

Je réfléchis donc encore plus à ce froid qui nous écorche de l’ouest et, euréka, je trouve l’explication. Un certain bonome qui a “gagné” de peine et misère ses élections provient et est probablement en vacances dans les régions de l’ouest. Pour punir les petits québécois de ne pas avoir voté pour son parti, il a commandé aux grands vents: “Tiens mes p’tits maudits, gelez dès octobre cette année, vous l’aurez voulu !”

Condoms

Ce soir je suis allée au Zellers pour acheter des cochonneries et en même temps, je me suis dit: ” Pourquoi pas renflouer le stock de condom, ici ça doit se vendre en gros, pour pas cher!”

Passant donc par le coin pharmacie, je ramasse une belle méga boîte de condom Durex et je m’enligne vers les caisses. Comme ces dernières sont à l’autre bout du magasin et que le magasin est rempli de têtes blanches, j’essaye de coincer la méga boîte entre mon méga sac de M&M aux arachides et de mon méga paquet de Twizlers aux fraises et je marche d’un pas assuré, la tête haute vers les caisses.

J’arrive là et y’a 2 caissiers, une fille avec 4 personnes en ligne et un gars avec 1 personne en ligne. J’opte pour le gars. Je dépose négligement mes cochoneries sur le comptoir, laissant trainer SUBTILEMENT le sac de twizlers SUR la méga boîte de condoms. Le p’tit jeune commence à me scanner tout ça tout de suite après que je lui précise que je ne veux pas de sac, que je vais mettre le tout dans mon sac à dos. Après avoir scanné mes foutus bonbons, il vire et dévire la boîte de condom pour chercher le code à barre qu’il trouve enfin sous la boîte. Il me donne le prix, je paye et, désarçonné parce que je ne ramasse pas tout de suite le tout pour mettre dans mon sac car je range mon argent, il sort de nouveau un sac rouge éponyme du magasin. Bien gentiment, je lui réitère que je vais mettre le tout dans mon sac au moment même où je sors ma boîte à lunch de mon sac à dos. J’ouvre la dite boîte à lunch, y fourre les bonbons et le commis me lance, la méga boîte de condom ne lui ayant pas quitté les mains depuis tout ce temps: ” Mmmm des condoms dans ta boîte à lunch? Tu es certaine que tu as choisi la bonne sorte pour ta collation?” Il enchaîne subito presto alors que j’arrive à lui arracher la boîte des mains: “Ouais, alors c’est quoi la différence entre les Lifestyles et les Durex au fait?” Je le regarde droit dans les yeux et je lui lance : “Je ne le sais pas, je n’utilise que ceux là et ils me plaisent parfaitement! “

Alors que j’allais me retourner pour partir, je remarque que le client derrière moi sourit jaune. Je me tourne vers lui avec mon plus grand sourire et, nonobstant son âge plus qu’avancé, je lui susurre à bien entendant: ” Vous aimez bien ceux-là vous aussi hein?”

Vent de panique

Il écrit, il prose
Il vit, il lance des roses
Il balance sur les âmes mises en pause
Est-ce qu’il mesure la portée des choses?

De ma fenêtre, le front plissé
Je regarde les ombres danser
Mais je n’offre aucune parole déplacée
Je retourne, désolée, le dé de tous les côtés

Qu’est-ce que le vent a donc soufflé
Et que cache-t-il de l’autre côté?

Ne lui faites pas de mal !

Économie télévisante

Vous vous souvenez sûrement de nos belles télévisions 13 pouces, puis des 15 pouces, des 17 pouces ou encore des “grosses” 21 pouces. Vous vous souvenez aussi probablement d’avoir été tout fier de voir la 27 pouces arriver dans votre salon pour remplacer la 13 pouces, reine du “living room” depuis l’éternité. Moi, je m’en souviens car c’est la première télévision que j’ai achetée, pour 900$. Une belle 27 pouces bombée, impossible à déplacer par moi-même car elle pèse une tonne mais, c’était la plus grosse de tout le voisinage! J’aurais pu acheter la 21 pouces pour la moitié du prix, mais j’avais enfin les moyens de me payer la grosse, la nouveauté et la plus belle, grise argenté par dessus le marché! J’ai payé avec ma carte Interac, cash, tout d’un coup et j’ai réussi à emporter ma télé le jour même, sans boîte, serrée sur la banquette arrière de la voiture de mes parents. C’était il y a 6 ans. Ma télévision fonctionne aujourd’hui encore parfaitement bien.

Il y a 2 ans, j’ai offert à mes parents une télévision 32 pouces à écran plat. C’était encore les gros modèles cathodiques pesants mais du moins, l’écran était plat. J’ai réussi à négocier la télévision pour ce que je considérais un prix ridicule, environ 350$. J’étais fière de moi mais pourtant, je ne comprenais pas vraiment comment j’avais pu négocier un prix de 875$ à 350$ ! J’ai de nouveau payé cash, et, cette fois, j’ai fait livrer l’immense télévision!

3 mois après cet achat, je suis entrée dans un magasin d’électronique pour me rendre compte que toutes les télévisions maintenant offertes étaient au plasma ou autre mais plus rien de nos “vieilles” télévisions pesantes. J’ai compris pourquoi j’avais eu un si bon prix, et j’en était d’autant plus fière parce que je me serais vraiment fait avoir de payer 875$ alors qu’ils vidaient leur inventaire!

Très récemment, je suis allée magasiner des télévisions avec un copine et j’ai saisi l’ampleur du problème économique qui nous affecte tout autant que les américains.

Marmotte enfermée loin de la technologie ou non, on a tous fini par entendre parler de l’économie américaine qui se casse le nez ces derniers temps. Certains d’entre nous se croient à l’abri de ces subresaults mais beaucoup se posent des questions sans vraiment trop comprendre ce qui a provoqué toute cette débandade.

Quand je vois les télévisions dans le magasin et que la moins chère est plus de 1000$, je repense au temps où on avait le choix de dépenser moins et partir avec une 17 pouces sans pour autant ruiner son budget. Vous ne me ferez pas croire que l’inflation des dernières années fait que nous avons, aujourd’hui, un salaire suffisant pour s’offrir une télévision “bas de gamme” à 1000$. Le problème de consommation, il est là et, bien sûr, partout ailleur. Comme personne (ou presque) ne peut se l’offrir, le crédit devient la solution idéale pour tous. Alors imaginez-vous faire un crédit à tout le monde. Qui paye les factures à la fin? Ceux qui ont toujours payé leurs factures avant.. et maintenant ils payeront en plus celles de ceux qui ont décidé de ne plus payer pour s’offrir une télévision qu’ils ne peuvent même pas se permettre de regarder.

C’est ça notre économie, c’est lié à notre besoin incessant de consommation. Nous ne sommes pas à l’abri, nous avons juste la chance d’être un peu en retard sur nos voisins. Mais dans nos têtes, on rêve de la grosse maison ou de la BMW. On pense à la télévision 72 000 pouces et à l’ordi super-puissant qui vont remplacer ceux qu’on a acheté l’an dernier et, le pire, on trouve ça normal!