Lettre à toi
Bonjour ma belle,
je sais que nous ne nous parlons à peu près jamais mais je voulais te dire que je pense à toi, souvent, surtout ces dernières semaines et ça me pèse. Je ne sais pas pourquoi cette nostalgie m’envahit à ce moment précis.
Quand les larmes me montent aux yeux, comme maintenant, je pense à toi et bien que je sache que tu m’aies déjà dit de t’appeler quand j’avais besoin de parler, je ne le fais pas. Je comprends peut-être finalement ce que tu voulais dire quand tu me disais que tu ne voulais pas déranger. Je ne veux pas te déranger et même si je t’appelais, qu’est-ce que ça changerait? D’où me vient cette cruelle culpabilité qui m’envahit quand je pense que j’ai besoin de toi?
Aujourd’hui, j’irais marcher dans les coquelicots, dans les marguerites ou dans n’importe quel champ fleuri. Les yeux aux aguêts des amours futiles et l’éphémere adolescence au bout des doigts. Il me semble que même si tout était triste, tout avait une allégresse de bonheur quand tu étais à mes côtés.
Des années plus tard, je sais que la communication entre nous n’a été qu’illusion. De ton orbitale, on ne voyait pas la mienne. L’échange d’énergie entre nos deux êtres n’était qu’une transfusion de désirs communs, rien de plus. Nous n’avons jamais été qu’une, même si on l’a voulu bien fort. Les centrioles n’ont pas tôt fait de se rejoindre.
Sais-tu que je porte encore la chaine que tu m’as offerte il y a plus de dix ans? Tous les jours, je la touche quand je me lève, je replace le fermoir derrière ma nuque inconsciemment et je ne la retire que pour la nettoyer. Elle tient bon malgré ses allures frêles. Serait-elle l’espoir de notre amitié qui semble s’étioler?
Je t’écris parce que je sais que tu ne me liras pas. Simplement parce que je ne t’enverrai pas ces mots qui sont pris dans ma gorge. Ne me demande pas pourquoi, je n’en ai aucune idée, je le sens comme ça et c’est tout.
Je t’aime fort, ça j’en suis sûre,
A.
J’suis peut-être bien un mois en retard…
Un mois…
C’était peut-être bien aussi la première journée depuis un mois où je n’avais pas encore versée une larme…
Trop tard, tu me fais pleurer à chaudes larmes…
Non, c’est faux, je me fais pleurer à chaudes larmes…
Si seulement tu savais combien de cris sont coincés dans ma propre gorge, ça fait mal…
Moi aussi je t’aime fort ma Lili