Archive for mars, 2008

Le voyou

Sa voix s’adonne à une mélancolie acérée
Car ses aboîts acides naissent d’une âme esseulée
Crachant une haine qu’il s’octroit en peinture
Cet art de se dissimuler n’est que frêle parure

Au coeur de pierre révélé dans cent élans
Frémit un bout de chair chaud et palpitant
Un courant d’air froid azuré le glace
Et dans sa cage, il reste trop de place

Les ailes qu’on coupe quand l’enfant devient grand
Il les cache sous sa peau hérissée, jalousement
Il s’est élancé loin du nid de ses frères en les narguant
Mais retrouvons-lui sa poupée, son lien avec le temps

Il habite là bas, rue de l’Île, ville de l’Océan.

Mots

Brutalisée par des mots, elle tombe à genoux le cœur en peine. Percée par une lance empoisonnée, la plaie béante abonde d’un sang noir terni de haine. Ses mains fébriles ne peuvent refermer les pans déchirés de sa carcasse fantomatique et elle regarde impuissante la vie qui coule à flot le long de ses vêtements déjà souillés. Au fond de sa gorge s’étouffe encore les cris de sa revanche. Ces vilenies ne verront jamais le jour, car, bien avant, les mots de l’autre l’auront tuée.

Lettre à toi

Bonjour ma belle,

je sais que nous ne nous parlons à peu près jamais mais je voulais te dire que je pense à toi, souvent, surtout ces dernières semaines et ça me pèse. Je ne sais pas pourquoi cette nostalgie m’envahit à ce moment précis.

Quand les larmes me montent aux yeux, comme maintenant, je pense à toi et bien que je sache que tu m’aies déjà dit de t’appeler quand j’avais besoin de parler, je ne le fais pas. Je comprends peut-être finalement ce que tu voulais dire quand tu me disais que tu ne voulais pas déranger. Je ne veux pas te déranger et même si je t’appelais, qu’est-ce que ça changerait? D’où me vient cette cruelle culpabilité qui m’envahit quand je pense que j’ai besoin de toi?

Aujourd’hui, j’irais marcher dans les coquelicots, dans les marguerites ou dans n’importe quel champ fleuri. Les yeux aux aguêts des amours futiles et l’éphémere adolescence au bout des doigts. Il me semble que même si tout était triste, tout avait une allégresse de bonheur quand tu étais à mes côtés.

Des années plus tard, je sais que la communication entre nous n’a été qu’illusion. De ton orbitale, on ne voyait pas la mienne. L’échange d’énergie entre nos deux êtres n’était qu’une transfusion de désirs communs, rien de plus. Nous n’avons jamais été qu’une, même si on l’a voulu bien fort. Les centrioles n’ont pas tôt fait de se rejoindre.

Sais-tu que je porte encore la chaine que tu m’as offerte il y a plus de dix ans? Tous les jours, je la touche quand je me lève, je replace le fermoir derrière ma nuque inconsciemment et je ne la retire que pour la nettoyer. Elle tient bon malgré ses allures frêles. Serait-elle l’espoir de notre amitié qui semble s’étioler?

Je t’écris parce que je sais que tu ne me liras pas. Simplement parce que je ne t’enverrai pas ces mots qui sont pris dans ma gorge. Ne me demande pas pourquoi, je n’en ai aucune idée, je le sens comme ça et c’est tout.

Je t’aime fort, ça j’en suis sûre,

A.

Évidemment

“Y’a comme un goût amer en nous, comme un goût de poussière dans tout. Et la colère qui nous suit partout. Y’a des silences qui parlent beaucoup, bien plus que les mots qu’on avoue. Et toutes ces questions qui ne tiennent pas debout. Évidemment.” - Interprété majestueusement par Laurence Jalbert, le 5 mars 2008 au cabaret du casino de Montréal.

Merci pour ce beau et émouvant spectacle. J’en ai encore la chair de poule. Toutes ces histoires, toute cette intimité partagée que même le micro aurait pu ne pas y être et la magie serait restée! Et si je te racontais mon histoire à moi ?

Et ma chambre est comme ma vie, sans queue ni tête. Oh, et je pleure mes déceptions, au nom de la raison…

Alors donc

Cette année ce fût le 24 février….

http://mademoisellea.quebecblogue.com/2007/03/10/delice-du-printemps/