Archive for janvier, 2008

Rêve

Tu tentais de me capturer pour être ta compagne fidèle depuis que les feux ont ravagé les abris de nos familles et je t’ai fuis en prenant la noirceur pour amie. Le dernier chemin de nos croisades m’a mené droit vers toi malgré mes efforts d’exil. Le soleil que tu as vainement tenter d’allumer sur toute la vallée pendant ces longues années où tu cherchais mon ombre n’a plus d’autre choix que de se conformer à ton autorité. Les morts suppliciés s’entassent à tes pieds et aucun n’a su te révéler la clef de mes escapades. Trop de mes amis ont souffert de ta folie alors je me rends à toi pour donner une chance à mon peuple blessé et appeuré. Tu auras mon corps que tu vénères mais jamais mon coeur ne t’appartiendra.

Cette truffe chocolatée que tu as entamée et que tu me tends me rendra amoureuse de toi pour l’éternité dès que les premiers arômes auront effleurés mes papilles gustatives. Je promets de savourer ce fruit qui scellera mon destin et de résister jusqu’à ma mort à cet élan qui te désirera incessament. Je te prouverai que je peux te renier même sous le charme de cette magie envoutante car ma haine vaut plus que la malédiction de ce philtre d’amour.

Faint

Mon coeur se met a battre ironiquement et le rouge envahi mes joues. La chaleur qui m’embrase m’étourdi à un tel point que je dois aggriper le cadre de porte de mes mains moîtes pour ne pas tomber comme une poupée de chiffon. Je ferme les yeux, saoulée d’étourdissements, et je pose mon front fiévreux sur la porte métallique et froide en espérant un quelconque rafraichissement qui me redonnerait mon applomb. Mes yeux laissent couler des larmes qui s’échappent contre mon gré. Des rivières pesantes, remplies d’attentes inassouvies, de peines hémophiles, d’amours distants, d’idôlatrie incomprise et de paroles amères. Si ces marées pouvaient soulager l’aigreur qui m’habite ou faire fondre la glace de ma carapace, peut-être quitterai-je ce monde brumeux qui affaiblit ma raison de foncer.

Le tourment passager passé, je décolle le front de la porte qui a accueilli ma rancoeur. Comme une bonne amie, elle dissipe ma torpeur et reprend son attitude neutre et fraîche. Je déglutis en fronçant les sourcils parce que je ne réussi pas à ravaler encore une fois l’horrible sensation de n’avoir pas de solution. La rivière regagne son lit au plus profond de la vallée en attendant la prochaine tempête d’émotions. Est-ce que la goutte synonyme de catastrophe se trouve au prochain tournant? Je vais ouvrir les yeux en regardant droit devant et je vais frayer mon chemin sans me laisser atteindre par les monstres qui se tapissent à mes pieds. Surtout, ne pas ralentir.

Mais je m’essouffle encore et on dirait que ces moments où je dois m’arrêter pour respirer s’espacent de moins en moins. Je deviens asthmatique de mes aberrations étouffantes. Où est ma métallique amie qui saura apaiser mes craintes? Je ne la rejoindrai pas à temps car je sens déjà mes genoux faiblir et se dérober sous mon corps pesant. Je la vois là bas mais il est trop tard car la passion qui m’a animée toute ma vie a empoisonné mon sang et ce sang fébrile a fait exploser mon coeur. Coeur qui cherchait encore la signification absurde du bonheur.

En savourant une banane ce matin, je me rapelle…

-Fille: Alors Gars, qu’est-ce que tu vas manger finalement?

-Gars: Ah ben je vais prendre le quart de poulet cuisse et je vais remplacer les frites par une bonne salade verte santé.

On reçoit nos assiettes, le gars dévore comme un ogre absoluement tout ce qui est dans son assiette.

-Fille Tu trouves pas que c’est un peu inutile de remplacer les frites par de la salade santé quand tu manges la peau du poulet, le petit pain, la salade de chou, que tu bois la sauce en léchant le bol, que tu mets un quart de litre de vinaigrette sur ta salade et que tu t’enfiles 3 bières extra-grosse? Ça a l’air de quoi ton menu de tous les jours?

-Gars: Ben premièrement je compte les bières comme des tranches de pain. Comme j’en ai pas pris au déjeuner, ni ce midi ben ce soir c’est comme si je prenais 3 tranches de pain auquelles j’ai droit quotidiennement.

-Fille: Et le petit pain dans ton assiette de ce soir, il compte pas?

-Gars: Ah oui, c’est vrai…. j’aurais pas du le manger… Bah je ferai 20 minutes de cardio de plus à mon entraînement de 2h ce soir.

La fille regarde le gars et ses gros muscles puis sa montre, il est 21h45. Elle soupire. Long silence.

-Gars: Ah oui et j’oubliais, j’ai complètement banni les bananes de mon alimentation. C’est un aliment beaucoup trop calorique.

Toute ressemblance avec des personnes et des événements réels est absolument fausse. Excepté pour le titre bien sûr.

Voilà

Il n’y a plus de malheur, juste de la peur. Et il neige.