Haine

Tu me détestes tant que tu jouis à l’idée d’écraser mon amour-propre. Tu aimes me haïr pour mieux arracher mon âme morceau par morceau et la piétiner sur le sol glacé. Qu’ais-je fait de si horrible pour que ton coeur change de cap d’hier à aujourd’hui? Où est la pâle camaraderie qui subsitait entre nous? Suis-je à ce point devenue merdique pour que tu me traîne à la rue comme un vulgaire sac de poubelle?

Je ne comprends pas cette honte infâme qui émane soudainement de moi. Elle englobe amèrement mes gestes et me fait lorgner vers mes pieds que je traîne comme des boulets métalisés. Ne pas se faire aimer amène l’indiférence, se faire haïr, ça provoque ma déchéance. Je vieilli prématurément et mon dos se courbe pour porter ma souffrance. Mes souliers usés étraînent le plancher défraîchi à chacun de mes pas lents et fatigués. Je sens le poids de ta violence, la froideur de tes silences et la moiteur de ton absence.

Tu me hais, ça me tue.

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