Souvenirs de vacances
Je pense qu’ils étaient verts, ou bleus ou noisette bien pâle…bah, peu importe ! Il avait un franc parlé et une attitude d’un respect que je n’aurais pu imaginer chez un si jeune homme, si vert et qui plus est de la région des hauts dont l’éducation fait encore les ragots du quartier. Ses mots étaient recherchés, bien prononcés et fluides à un tel point que j’ai senti que je devais soigner mon langage et ne pas lui couper la parole comme j’ai trop souvent la mauvaise habitude de le faire. Je buvais ses paroles en me faisant une joie de ponctuer ses dires avec mes expériences personnelles. D’une politesse et d’un respect, il m’a écouté et chacune de ses opinions dérivant de mes pensées avait sa raison d’être car il n’oubliait jamais que sa culture ne provenait que de livres, mais ô combien qu’il en avait lus !
Oui, je suis emplie de préjugés, malgré moi, lorsque je rencontre ces jeunes personnes des régions qui ne pensent qu’à la quantité d’étourdissement qu’ils pourront se payer le vendredi soir. Oui, de prime abord, j’étais sur la défensive devant son ardeur qui me semblait d’abord innocente et dénuée de quelque fondement que ce soit. Il m’a épatée, émerveillée, conquise par ses simples mots, ses pensées et sa vision de la vie. Son petit sourire coquin, lorsque les abeilles butinantes ont émergé de notre conversation, a valu à lui seul mille conversations superficielles de ma dernière année.
Je serai plus réceptive et moins snob car jamais je ne pourrai supporter l’idée de passer à côté d’une conversation aussi charmante. Après tout, pour eux, c’est moi qui habite une région éloignée !