Hier, il m’est arrivé quelque chose d’incroyable! J’étais au théâtre avec un ami lors d’une première médiatique et c’était rempli de vedettes! Je ne savais plus où donner de la tête pour entr’apercevoir tous ces gens que j’admire. N’est-il pas que je vois tout au fond le beau Marc-André. Quelle coïncidence que j’écoute sa chanson en boucle depuis 3 jours!
Ah pis j’y vais. Il est accompagné d’une superbe fille qui doit probablement être sa copine mais je m’en fou, je ne suis pas sa carrière comme un groupie alors c’est pas important. Animée d’une fougue incontrôlable, il se trouve dans un coin tranquille et pas encore trop plein de monde qui peuvent écouter, alors je l’aborde délicatement. Il se retourne, je dis bonjour et je me lance : « De toutes les folies qui m’habitent, ma timidité envahissante m’empêche trop souvent de dire aux gens toute mon admiration. Tes mots et ta voix me boulversent et font naître en moi une pléiade d’émotions dans lesquelles j’aime me bercer. Continue de réchauffer mon cœur car tu me fais du bien. Je t’admire et merci. » Il me regarde les yeux ronds et sa copine a un sourire éclatant. Alors que je m’attendais à une baffe, je quitte sans demander mon reste et je vais m’asseoir sans me retourner.
Mon ami me regarde d’un drôle d’air ayant vu ma manœuvre mais ne souffle mot. Les lumières se ferment et juste avant le noir complet je risque les yeux dans la direction de Marc-André. Il discute avec sa copine.
La première heure de pièce passe, l’entracte arrive et je me lève pour aller aux toilettes comme une fille que je suis. Bien sur mes pensées ont été ailleurs et je n’ai pas trop compris ce qui se passe dans cette pièce de Tchekov. Devant le miroir de la salle de bain j’ai encore le visage rouge de la honte que j’ai eu en retournant à ma place. J’ai presque les larmes aux yeux d’avoir fait cette conerie. Je sors des toilettes au travers de la longue file de filles. Je lève la tête pour chercher l’abreuvoir, il est là, appuyé et me regarde comme s’il m’attendait.
« Je t’attendais, j’ai essayé de te rattraper quand tu t’es levée. », me dit-il. Un sourire timide mais très heureux éclaire mon visage. « Est-ce qu’on pourrait aller prendre un café quand la pièce sera finie? On s’attend dans l’entrée, près du vestiaire. », ajoute-il, sans me laisser placer un mot. Je fais signe que oui de la tête, je cours dans les escaliers comme si je fuyais et j’arrive à mon siège plus qu’essouflée.
« Pinces-moi », que je dis à mon ami. Il s’exécute et je lui raconte ma folle aventure. Il rit mais on ne peut en discuter plus car les lumières se tamisent. Je jette un coup d’œil dans la direction de Marc-André. Il jase avec sa copine mais juste au dernier moment il lève les yeux et semble me regarder. Je peux me tromper…
J’ai rien suivi de la fin non plus et j’ai trouvé ça plutôt long même. Je redescends les marches et juste avant de me poster dans l’entrée pour attendre, je salue mon ami. Marc-André arrive avec un joli sourire. On s’habille sans dire un mot et il m’entraîne de l’autre côté de la rue dans un petit café. Quelques heures plus tard, il me raccompagne chez moi. Y’a quelque chose en moi qui dit qu’on doit en rester là, il repart donc. Je monte me coucher, le cœur émerveillé et je peux vous dire que ce fût une nuit agitée.
C’est vraiment une histoire incroyable, qui ne m’arrivera jamais.
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