Mon bateau ivre

Dans un océan de haine
Vogue un bateau qui a peine
La voile déchirée par le vent
La sirène offre ses pleurs devant
 
Les marins ont la mine basse
Attendant que l’orage passe
Les vagues déferlent leurs caresses
Salées, acres et sans tendresse
 
Un éclair frappe leur emblème
Mettant le feu à ce qu’ils aiment
Avec trop d’efforts de leurs muscles morts
Ils ne parviennent qu’à aggraver leur tort
 
La colère du ciel déchire leurs tympans
Perdus, ils se sentent comme des enfants
Quand enfin s’entrouve le firmament
Au loin là bas, le soleil descend
 
Une main les guide sur l’océan
Vers le soleil qui les attend
Au bout de l’eau, ils sombrent dans le vide
Car de notre vie, seul le destin décide
 
Un bateau ivre de trésor
Se meurt dans l’amertume des remords
Le soleil n’est qu’un paradis
Pour les voleurs et les bandits

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