Vent doucereux
Note de l’auteur: ce texte a été écrit uniquement pour explorer un autre univers. En aucun cas il se rapporte à des pensées que j’ai eues.
Tu tues la vie qui hurle en toi en te taisant et en faisant fi des ordres de la destinée. Tu crache à droite quand on te parle à gauche et tu frappe devant quand on te tire derrière. Tu fermes les yeux quand le soleil se couche et tu souffres, ébloui, quand il se lève. La lueur des anges ne t’atteint plus car tu crois à la mort et rien de plus. Une saveur délicieuse pour toi goute le sang car le nectar de tes rêves va au-delà des sens. Même la femme nue qui dort près de toi n’a de beauté que sa lividité. Sa raideur cadavérique t’appaise et te donne une virilité hors du commun. Tu erres si loin dans ta tête que la planète n’a pas assez de circonférence pour te ratrapper. Tu cours après ton temps, qui n’est qu’un espace dans une trop grande métropole. Tes yeux injectés de sang n’ont pas conscience de la peur qu’ils provoquent. Tes bras tattoués ne font plus peur à personne car leur couleur n’a plus de démesure. Tu te lèves de ton lit miteux parce que tu ne sais quoi faire de mieux. Sali et dandinant, tu marches sur tes traces de fantaisies. Tu ne sens plus rien que l’air qui s’engouffre par la fenêtre et qui te semble si bon et si frais. Un soulagement pour toi, une douceur qui n’a plus sa place. Tu approches encore plus car le vent souffle sur ton visage ravagé. Ta lucidité est morte et le reste de ton corps lambris tombera avec. Dommage, tu as voulu sentir le vent de trop près, le 55e étage était trop haut.