Archive for février, 2006

Falaise

Il y a dans ces songes
Une falaise d’où je plonge
Tête première, yeux fermés
Vers un vide d’éternité
 
En cette seconde d’horreur
Mon corps effleure l’apesanteur
Je fonce les bras en croix
Sans pourtant avoir la foi
 
Quand enfin j’ouvre les yeux
Pour accueillir cette eau bleue
Je tremble d’un frisson terrifiant
Quand j’aperçois ce miroir blanc
 
   
Ô un si petit moment
Pour réduire une vie au néant
Voilà la mort de cette histoire
À qui veut bien me croire

Comme

Comme un ange déchu
Mon cœur s’efface
Là où l’eau fait surface
 
Comme une veuve éplorée
Je me noie de désespoir
Dans la nuit encore trop noire
 
Comme un soldat d’après-guerre
J’ai la nostalgie d’avant
Où je pouvais prendre le temps
 
Comme une musique sans parole
Je n’entends plus ma voix
Qui pourtant hurle sur tous les toits
 
Comme une vie sans moi
Sans éclat je m’enfuis
Et je disparais sans bruit

Sourire éphémère

Sourire éphémère
D’une joie contraire
Tu apaises mes pensées
Tu me laisses dériver
 
Tu ne tends pas la main
Tu cours m’attendre plus loin
Tu ne pousses pas ma barque
Tu la tires pour que j’y embarque
 
Mon  soleil s’est levé
Et de son astre tout entier
Il me réchauffe le cœur
Et apaise tous mes sombres pleurs
 
Un ciel bleu de toute beauté
Un heure remplie de gaieté
Je vois ton reflet sur l’eau
Et je sais que demain sera encore plus beau

Déconnectée

Déconectée de la réalité
Je suis en aparté
Dans ma tête que des plages
Je vis sur mon petit nuage
 
Les nouvelles m’indiffèrent
Ainsi que ce qui se passe sur ma terre
J’ai un peu mal au cœur
Mais c’est surment pas de peur
 
Je ne me sens ni très à l’aise
Ni parfaitement droite sur ma chaise
Je ressemble à du Jello
Pas trop trop bien dans sa peau
 
Que va-t-il arriver demain?
Rien de plus que mon petit train-train
Et la semaine prochaine?
Je m’en soucie à peine
 
Je suis déphasée
Et on ne peut plus dépassée
Je dors jusqu’au matin
Parce que mes rêves ne me mènent à rien

Contre

J’ai froid mon ami, froid de mes peurs
Je tremble de la tête aux pieds, d’horreur
Il n’y a rien de pire que la noirceur
Le jour où tout semble d’une immaculé blancheur
 
Eaux troubles de notre amour infaillible
Où je ne jure que par ta bible
Quand nos cœurs n’ont qu’une seule cible
Et que nous sommes indestructibles
 
Je ne rêve qu’à notre fin bête
Par défaut pas par désir de ma tête
Je veux que tous ces songes s’arrêtent
 
Je t’aime par-dessus tout
Mais mon corps s’en fou
Il te rejette au trou

Tuée

Tu es la perle de mes yeux
L’âme de ma souffrance
Tu convaincrais même un ange
De se réincarner sur terre
 
Tu brilles de milles feux
L’absolution de ma pénitence
Tu t’amouraches même de l’étrange
Qui vogue comme un bâteau sur ma mer
 
Je n’ose que te dire adieu
Car pour toi je vivrai toutes les offenses
Je suis quelqu’un qui dérange
Et je te ferai vivre un enfer
 
Tu es le sang qui pleut
La fin des plaies que je panse
Tu n’es plus qu’une vidange
Ta mort de ma main enfin te fait taire.

Folies d’un jour

Dans mon cœur la rancœur de ma peur fait faner ces fleurs qui pleurent.
Le froid de ma voix aux abois boit et déboit un poids qui croit en émoi.
Il pleut des vœux au mieux des preux qui font le feu de leurs gros bleus.
Sur une vaste plaine vaine, la peine de la chute des veines pleines d’haine.